par François Falardeau

Connaissez-vous Helen Falardeau? Si on en croit la rumeur, ses pieds, d’une beauté exceptionnelle, auraient été assurés dans les années 1920 pour un million de dollars. Mais qui est donc cette femme dont le divorce en 1933 a été rapporté dans des journaux un peu partout aux États-Unis?

Ce que je sais d’elle est basé sur des articles de journaux, par exemple le Milwaukee Journal, de Milwaukee (Wisconsin), The Oregonian, de  Portland (Oregon), le Bismarck Daily Tribune de Bismarck (Dakota du Nord) ou l’Evening Star (Washington, D.C.).

Grâce aux recherches d’une de nos membres, Pauline Robichaud, nous savons que Helen est la fille d’Antoine Falardeau et d’Elizabeth (Lizzie) Barret ou Barrette. Antoine, né à Montréal le 16 novembre 1867, est le fils d’Antoine et de Catherine Morasse. Il est de la lignée de Louis François, quatrième fils de Guillaume et de Marie Ambroise Bergevin.

Antoine aurait émigré très jeune aux États-Unis avec ses parents, en 1868 d’après le recensement américain de 1910. Il a longtemps travaillé pour le US Post Office. Il a épousé Lizzie le 2 février 1888 à Worcester, au Massachusetts. Helen est au moins la troisième enfant de cette famille, ayant été précédée par Mabel (juin 1889) et Herbert Camille (avril 1892). Elle est née le 26 juin 1895 à Malden, au Massachusetts.

Dès l’âge de 13 ans, Helen a montré un intérêt et un talent exceptionnel pour le chant. C’est pourquoi, après avoir fréquenté la St Anne’s Academy à Boston, puis l’Emerson School of Oratory, elle a terminé sa formation musicale à la Royal Academy of Music de Londres, en Angleterre, où elle avait été envoyée à 18 ans.

À son retour, avec quelques amies, elle a fait partie d’un groupe de femmes qui chantaient notamment pour des compagnies. Deux de celles-ci, Madelyn Meredith et Beatrice Bee Gay, sont devenues des étoiles de comédies musicales à New-York.

Mais un tout autre destin attendait Helen, du moins pour quelques années. Ayant été remarquée pour la qualité exceptionnelle de ses pieds, elle a été invitée à participer à un concours, qu’elle a remporté; elle a gagné un prix de 500 dollars, une somme très importante à cette époque. Elle a ensuite signé un contrat avec une compagnie de chaussures qui, en plus d’un bon salaire, lui fournissait sa garde-robe, 300 paires de souliers et un compte de dépenses illimité.

Elle agissait comme mannequin dans des tournées à travers les États-Unis. Elle s’est même rendue à Londres, en Angleterre, où elle a remporté un prix international dans une compétition au luxueux et réputé hôtel Savoy. Pour les connaisseurs, disons qu’elle avait des pieds de grandeur 4B parfaits, à ce qu’on dit dans un article du Milwaukee Journal. En passant, si vous croyez que quand on a 300 paires de souliers, on ne les connaît pas bien, détrompez-vous : une servante lui en a volé une paire et elle s’en est tout de suite aperçue!

Mais le conte de fées d’Helen a pris fin après quelques années; elle a fini par se fatiguer de cette vie très spéciale. Revenue sur la scène à Boston, elle a été remarquée par un riche homme d’affaires, Harold Allen Kelley, qui, en insistant beaucoup, l’a convaincue de l’épouser en 1924 et de l’accompagner à Los Angeles où il avait été envoyé. Le mariage a duré neuf ans et, d’après les témoignages recueillis lors de leur divorce en 1933, il ne fut pas de tout repos. Helen a finalement obtenu le divorce avec une pension alimentaire et les frais d’avocats payés, alors qu’elle alléguait à la fois l’infidélité de son mari et les mauvais traitements subis, allant jusqu’aux coups de poing.

En-tête d’un article sur Helen Falardeau dans le Milwaukee Journal du 22 octobre 1933.

Pour moi, l’histoire se termine ici : Helen annonçait son retour dans le show-business au Massachusetts, mais je n’ai trouvé aucun article parlant d’elle après 1933. Je sais par contre qu’elle est décédée très jeune, en 1936, à Holyoke, Massachusetts. Triste fin pour une femme qui avait sans doute du talent pour le chant et des pieds exceptionnels, mais dont le destin a été peu favorable.

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