Connaissez-vous le Château-de-Vaure? Peu probable, car ce Bordeaux de type entre-deux-mers n’est pas vendu à la Société des alcools du Québec. Par contre, si vous allez dans la région de Bordeaux, vous pourrez sans doute en trouver. Pourquoi je vous parle de ce vin? C’est qu’il y a un peu de Follardeau en lui.

Voici ce qu’écrivait Édouard Féret dans  Bordeaux et vins classés par ordre de mérite, édition 1898 : « Le Château-de-Vaure commande un domaine de 110 hectares. 33 hectares environs consacrés à la vigne rouge, et situés sur un sol argilo-calcaire, sont complantés en cabernet, merlot, malbec, et mancin; ils produisent un vin qui se recommande par sa finesse, et son agrément, et qui obtient une faveur sur les prix accordés aux autres crus rouges de la contrée. Environ 15 hectares consacrés à la vigne blanche, sur un sol sablo-argileux, sont complantés en enrageat et jurançon, et produisent des vins qui, récoltés avec les plus grands soins, sont recherchés à cause de leur finesse et de leur douceur. M. Follardeau fut un des premiers, dans la contrée, à adopter la culture des vignes américaines greffées. Par des soins culturaux intelligents, il a conservé quelques-unes de ses vieilles vignes, et aujourd’hui son vignoble peut être considéré comme un modèle de reconstitution de nos vignobles phylloxérés. Son exemple est de jour en jour plus suivi dans les environs ».

Voici l’illustaration qu’on trouve dans ce volume, accessible au http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6521296v/f806.item.r=follardeau%20ruch%20vin.zoom

Château de Vaure

Bien qu’il n’appartienne plus à un Follardeau, ce vignoble existe toujours à Ruch, dans le Bordelais, et il produit toujours un vin de qualité d’après ce qu’on peut trouver sur son site.

Voici ce qu’en disent les propriétaires actuels : « Le Château de Vaure est une demeure très ancienne de l’Entre-deux-mers, datant du 15ème siècle, connue depuis toujours pour la qualité de ses terroirs et de ses vins… Aujourd’hui, nous avons perpétué la tradition de nos aînés en appuyant notre savoir-faire sur des valeurs de respect du terroir pour faire rimer authenticité et modernité.  Notre boutique virtuelle, tout comme notre magasin sur site, vous propose des vins de grande qualité, qui sont depuis longtemps appréciés de notre clientèle. Une gamme complète qui répondra à toutes vos attentes ». À la boutique virtuelle, on retrouve par exemple un « Vaure réserve 2005 10 ans, millésime d’exception, à 10,90 euros.

Quant au château de Vaure, il existe toujours, sous un aspect bien différent du dessin ci-haut.

Voici comment il est présenté sur le site http://www.ruch.fr/IMG/pdf/Le_CHATEAU_DE_VAURE1820.pdf

château de Vaure actuel

Dans le texte signé JJ Barde qui accompagne cette photo, on apprend que la Maison de VAURE… fut achetée par un riche médocain en 1770 Jacques de BERGERON qui la revendit en 1796 à Raymond FOLLARDEAU de FRONTENAC, les familles de sa descendance sont respectivement les CARRERE , DELOMBSORBE , aujourd’hui De LARRARD. »

Un lien avec notre ancêtre?

Grâce à une généalogie préparée par Albert de Salles trouvée sur geneanet (merci Patrick), on découvre qui était ce monsieur Follardeau qui acheta le château en 1796 et comment il est passé aux Carrère par sa fille Marie Thérèse, et on peut remonter cette lignée jusqu’à un contemporain de Guillaume. Remontons donc à partir de Marie Thérèse :

  • Marie Thérèse Follardeau, fille de Louis Raymond Follardeau et de Marie Thérèse Adrienne Renard, épouse Henri Carrère, avocat, (1857-1932) à une date indéterminée. C’est sans doute ce monsieur Carrère qui deviendra propriétaire du château de Vaure au décès de son beau-père.
  • Parents de Marie Thérèse : Louis Raymond Follardeau, né en 1842, épouse Marie Thérèse Adrienne Renard, née en 1846, à une date indéterminée; Louis Raymond est sans doute le M. Follardeau mentionné par Édouard Férer comme propriétaire du château en 1893.
  • Parents de Louis Raymond : Désiré Jean Follardeau, 1792-1867, épouse en 1835 Jeanne Dussaux, fille de Bertrand et Marie Fage;
  • Parents de Désiré Jean : Raymond Follardeau, 1760-1822, épouse en 1786 Marie Triaud, fille de Jean, maître chirurgien à Frontenac, et Élisabeth Follardeau. Je souligne en passant que ce Raymond Follardeau fut maire de Frontenac de 1794 à 1795, peu après la Révolution française. C’est sans doute lui qui achète le château de Vaure l’année suivant son mandat à la mairie.
  • Parents de Raymond : Jean Follardeau, avocat, 1723-1787, marié en 1756 à Jeanne Richon, fille de François, procureur du roi à Sauveterre (le nom de sa mère n’est pas mentionné);
  • Parents de Jean : Jean Follardeau, 16 juin 1686-1750, maître chirurgien à Sainte-Terre, marié à Marie Ventouze en 1711. À noter : Jean et Marie Ventouze sont également les parents d’Élisabeth, mère de Marie Triaud; Raymond Follardeau aurait donc épousé sa cousine germaine;
  • Parents de Jean : Mathurin, décédé en 1711, maître chirurgien, marié en 1683 à Marie de Courcy de Launay, née en 1657 à Sainte-Terre, fille de Pierre de Courcy, sieur de Launay.

Notons en passant que les Follardeau et leurs conjoints de cette lignée étaient des notables : avocats, maîtres chirurgiens, un procureur du roi, un maire.

Ce Mathurin Follardeau, qui semble avoir habité Sainte-Terre à la même époque où Guillaume Follardeau habitait à Bignay, a-t-il un lien de parenté avec lui? D’après Google maps, Sainte-Terre est à 176 kilomètres au sud de Bignay, donc à une très grande distance avec les moyens de transport de l’époque, et à une douzaine de kilomètres au sud de Ruch, où se trouve le château de Vaure.

J’ai communiqué avec Nicolas de Hys, qui met à jour la généalogie précitée sur geneanet. Il n’a pu me donner plus de détails mais se disait intéressé à « cousiner » avec moi. Je compte donc lui communiquer les infos que je possède, et qui sait, peut-être finirons-nous par nous trouver un ancêtre commun, et ainsi remonter de quelques générations la lignée française de notre ancêtre? À suivre.

François Falardeau

 

 

  1. Mario Falardeau says:

    Bravo à François et Patrick Falardeau pour ces trouvailles. Quand est-ce qu’on va gouter ce vin sur place?
    Nicolas de Hys connaitrait-il l’origine du nom Follardeau?

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