par Yves Falardeau, c.d.

Comme vous le savez tous, notre ancêtre commun, âgé d’environ 18 ans, s’engage avec son frère Jean, qui lui en a environ 19, comme soldat dans les troupes de la Marine(1), compagnie du Sieur de Saint-Jean, Gabriel Le Prévost. Les deux frères s’engagent, comme il était de coutume, pour une période de six ans. Après cette période ils pouvaient soit retourner en France soit demeurer en Nouvelle-France, pratiquant le métier pour lequel ils avaient le plus d’habilité, souvent celui de cultivateur. Il était alors la responsabilité des autorités en place de fournir une terre et une aide matérielle aux soldats démobilisés.

Ils s’embarquent donc à La Rochelle, le 2 mai 1687 à bord d’un de six navires du Roy Louis XIV, qui forment ainsi une escadre. Les navires sont:

L’Arc-en-ciel – navire de 52 canons

La Bretonne – navire de 5 canons   (transport du matériel)

La Friponne – navire de 16 canons (transport du matériel)

La Perle        – navire de 50 canons

Le Profond   – navire de 40 canons

L’Arc-en-ciel est commandé par le capitaine d’Amblimont, (2) qui est également responsable des cinq autres navires. Nous n’avons pas encore découvert le nom du navire qui transportait les deux frères Falardeau. Tous ces navires de guerre transportaient 12 Compagnies de la Marine, envoyées spécifiquement par le Roy Louis XIV pour contrer la menace iroquoise. Ils venaient en renfort aux 800 autres soldats de la Marine déjà sur place. Le recensement de 1688 indique 1418 soldats pour 10 300 habitants. (1)

Nous savons par contre que toutes les troupes de la Marine en Nouvelle-France étaient commandées par le Chevalier Philippe de Rigaud, Marquis de Vaudreuil (3) qui lui avait fait la traversée à bord de L’Arc-en-ciel.

La flottille arrive à Québec en un temps record, soit le jour de la Fête-Dieu, le jeudi 29 mai 1687.

À partir de l’arrivée de notre ancêtre jusqu’à sa démobilisation en 1693, nous ne savons absolument rien sur sa carrière militaire, ni sur celle de son frère. Nous savons cependant que la mission des Troupes de la Marine était de protéger les habitants des Iroquois et de faire la guerre à ces derniers. De là on peut en conclure que Guillaume et son frère ont effectivement suivi leur Compagnie au combat. Il est plus que probable que notre ancêtre a participé à plusieurs escarmouches et batailles pendant son service militaire.

De 1689 à 1713, les colons français étaient confrontés à des escarmouches avec les Iroquois et de façon incessante dans les guerres intercoloniales contre les Britanniques et les Iroquois jusqu’au traité d’Utrech de 1713.

Pendant cette période, la Ville de Québec fut attaquée en 1690 et 1711, mais résista aux assauts des Anglais et de leurs alliés Iroquois.

Même après sa démobilisation, le soldat Falardeau gardait son arme, car il devait s’enrôler dans la Milice locale. L’objectif de la Milice était d’agir en renfort aux troupes régulières et/ou de protéger le village ou sa ferme de possibles attaques.

C’est après son service militaire que notre ancêtre est libre de se marier, ce qu’il a fait en 1694 à l’âge d’environ 25 ans.

MOT DE LA FIN

À ce jour nous n’avons aucun document prouvant que Guillaume et son frère ont combattu pendant leur service militaire. J’ai voulu vous décrire ici un récit plausible de ce qui aurait pu se passer à cette époque. La mission des Troupes de la Marine était très claire: la défense du territoire avec les toutes les forces disponibles. Il est plus que probable que Guillaume ait participé comme soldat à la défense de Québec en 1690 (4) et comme milicien en 1711 à l’âge de 42 ans.

Je ne suis ni historien, ni généalogiste mais ayant fait 30 ans de service militaire avec le Royal 22ième Régiment, j’ai voulu faire ressortir et imaginer ce que voulait dire être soldat en Nouvelle-France.

Yves Falardeau, c.d.

Orléans, Ontario, janvier 2017

Notes

(1) Il me semble important de mettre l’arrivée de notre ancêtre à Québec en contexte grâce à un bref aperçu de l’action militaire, dès la fondation de Québec en 1608. Je vous réfère  donc au www.lagarnisondequebec.com/historique

Voir également le bulletin numéro 22 d’octobre 2007, publié par la Commission franco-québécoise sur les lieux de mémoire communs.

Suivant cela, pour vous donner une idée de la vie à bord, pendant la traversée de l’Atlantique, aux 17e et 18e siècles, référez-vous au même bulletin numéro 22, d’octobre 2007. (cliquez sur le lien suivant : http://www.cfqlmc.org/bulletin-memoires-vives/bulletins-anterieurs/bulletin-nd22-octobre-2007/210)

(2)  Le Capitaine d’Amblimont est un des plus grands capitaines des 17e et 18e siècles et est très estimé du Roy. Voir WIKIPÉDIA sous le nom de Thomas-Claude Renart de Fuchsamberg, 1er Marquis d’Amblimont.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Thomas-Claude_Renart_de_Fuchsamberg

(3) Philippe de Rigaud, Marquis de Vaudreuil,  militaire, commandant de toutes les troupes en Nouvelle-France, gouverneur de Montréal puis gouverneur de la Nouvelle-France. Voir WIKIPÉDIA pour tous les détails.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Philippe_de_Rigaud_de_Vaudreuil

(4) Voir à ce sujet l’article de Georges Falardeau dans le Feu Ardent, volume 4, no 2 :

http://blog.falardeau.ca/Bulletins/Feu%20Ardent/volume4no2.pdf

 

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