(Ce texte de Mario Falardeau a été originalement publié dans Le Feu Ardent, volume 2, numéro 3, septembre 2012.)

Dernièrement, j’ai cherché des actes de décès, des index de cimetières ou des articles de journaux sur la Toile italienne au sujet de la mort de notre illustre peintre, le chevalier Antoine Sébastien Falardeau enterré selon Émile Falardeau dans le cimetière Della Porte Sante1 près de la Basilica de San Miniato2. Son jeune fils « Améric, Laurent, Jacques-Cartier, Pie Jean, Thomas, Pierre, Florence, Falardeau » (oui, ce sont tous les prénoms du même enfant!), mort en bas âge l’y a précédé le 19 novembre 1864. Son épouse Catherine, fille du Marquis Francesco MannucciBenincasa Capponi, et ses deux filles y sont peut-être aussi.

Il a fallu dépoussiérer et me retremper dans  mon latin pour faire mes recherches en italien. La toile disposant de ressources infinies dont le traducteur Google, je lançai une bouteille à la mer en écrivant à la Basilica. Content de recevoir une réponse rapide du père Bernardo, prieur du monastère3, il m’informa que le cimetière est de la responsabilité de la commune de Florence et non du monastère. Il me salua chaleureusement en m’invitant à lui écrire si j’allais en Italie et qu’il me tiendrait au courant s’il trouvait quelque chose sur notre artiste. Des recherches de sépultures à la Comune Di Firenze (Florence) n’ont rien donné sauf d’intéressantes archives sur Florence et les environs4.

Bien sûr, il reste toujours le bon vieux téléphone, mais mon italien parlé n’est pas au point…

J’allai donc du coté des journaux Il Fieramosca et La Nazione5 mentionnés par Émile dans son livre Un Maitre de la Peinture, Antoine-Sébastien Falardeau, 1936. Rien dans le premier mais la chance me sourit dans les archives en ligne de La Nazione. Je n’étais pas au bout de mes peines car il me fallait lire toutes les éditions en italien (qui s’améliorait au fil de mes recherches) du 14 au 18 juillet 1889, jours probables d’un article sur sa mort survenue le 14 luglio (juillet) 1889.Après deux jours de lettura, Eurêka ! J’avais trouvé.

Image de l’article du journal La Nazione, mardi, 16 juillet 1889, 3e éd., p. 3, colonne 3.

Voici le texte italien que j’ai déchiffré à l’aide du traducteur Google :

Grave Sciagura 

Mentre il pittore signore Antonio Falardau, nativo d’Inghilterra e dimorante in un élegantissimo Villino in Via della Mattonain, percorreva l’altro giorno in carozze scoperte la Via Boccaccio lungo il Mugnone,  giunto che fu al ponte alla Badia gli si impenno il cavallo impauritosi del fischio della macchina a vapore. L’infuriato animale investiva il parapetto del torrente con tanta violenze che il sig Falardau dell’urto ricevuto sbalzo a capofitto nel Mugnone e cadendo de oltre 7 metri rimase sull’istante cadavere.

Et voici ma version littéraire à partir du traducteur Google :

Grave malheur alors que le peintre M. Antonio Falardau, originaire d’Angleterre et résidant dans un élégant détaché dans la Via della Mattonain, parcourait l’autre jour la Via Boccaccio le long de la Mugnone dans une voiture décapotable, il arriva sur le pont d’alla Badia.  Le cheval apeuré par le coup de sifflet de la locomotive à vapeur se cabra. L’animal furieux a frappé le parapet de la rivière avec une telle violence que M. Falardau sous l’impact, tomba tête première dans la Mugnone en surplomb de plus de 7 mètres, et mourut sur le coup.

Notez l’origine du peintre : « d’Inghilterra », Angleterre. Le « Dominion of Canada » était sans doute vague ou inconnu en Europe, encore moins la province de Québec, la Confédération était encore jeune en 1889. Ne disait-on pas plutôt l’Amérique? Ou bien était-ce dû au passeport qui faisait des Canadiens, des citoyens britanniques. Notez aussi la graphie du nom : Falardau.

Il existe encore une rue Via della Mattonaia6 à Florence, mais l’orthographe dans le journal semble différente. Parcourez-la avec Google Street View. Il existe aussi de très belles images et dessins d’époque7 dont une photo datée 1890 du Ponte Alla Badia8 où périt le chevalier.

Je vais poursuivre ma recherche. En attendant, j’ai demandé à ma belle-sœur qui part pour l’Italie d’essayer de trouver et photographier sa tombe, si elle a le temps.

Dans Google, demandez le cimetière Delle Porte Sante. Voyez les magnifiques monuments et sculptures. Des célébrités y sont enterrées, dont l’auteur de Pinocchio.

Mario Falardeau, 11 septembre 2012

1. Cimetière Delle Porte Sante

2. Basilique San Miniato

3. Monastère

4. Comune Di Firenze

5. Journal La Nazione, sur le site,
choisir l’an 1889, le mois luglio, la date du 15, page 3, la 3e colonne.

6. Via Della Mattonaia

7. Images et dessins d’époque

8. Ponte Alla Badia

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