(Ce texte de Gilles Falardeau a été originalement publié dans Le Feu Ardent, volume 1, numéro 2, septembre 2011.)

À l’époque du Haut Moyen-Âge, après le départ des Romains, les écrits, tels que les Chroniques des Anglo-saxons (Anglo-Saxon Chronicles) et le Livre du jugement dernier (Domesday Book), furent conservés par les hommes d’église à l’intérieur des lourdes murailles des monastères. Ces archives ont survécu jusqu’à ce jour, de telle sorte qu’on a pu étudier l’histoire de ce patronyme anglo-saxon qu’est FOLAR.

Les chercheurs professionnels ont relevé ces archives et trouvé la première inscription du patronyme FOLAR à Norfolk, où ils étaient établis depuis des temps très anciens, on dit bien avant la conquête normande et l’arrivée du duc William à Hastings en 1066 apr. J.-C.

Au cours de la recherche, on remarqua que le patronyme FOLAR était écrit de différentes manières, telles que Fowler, Fouler, Fowler, Fowlar, FOLAR, Fouller, Fowlare, Foweller, Fowaller, Foulier, Foullar, Foular, Fuler, et ces variations se présentaient aussi bien à l’égard de la même personne. Au 16e siècle, le célèbre auteur dramatique William Shakespeare signait son propre nom par diverses orthographes, tel que « Shakespere », « Shakespear »,   « Shaskspere » et « Shaxspere ». Afin d’expliquer ce phénomène, on a dû jeter un regard rétrospectif sur un certain nombre des documents les plus anciens, écrits en anglais. Au 14e siècle, Geoffrey Chaucer, auteur des contes de Canterbury, écrivait « told » comme « ytold » et « tolde » parce que, à cette époque, les règles d’orthographe n’existaient pas vraiment.

L’histoire des Anglo-Saxons fournit un arrière-plan précieux pour l’histoire de la famille FOLAR. Les Saxons étaient une peuplade teutonique de gens originaires de l’Allemagne. Ils commencèrent à s’établir dans le sud-est de l’Angleterre autour de l’an 400 apr. J.-C.

Les Angles, une autre peuplade teutonique, occupèrent la côte est, au nord des Saxons. Les cultures angle et saxonne se réunirent de telle sorte qu’elles vinrent à dominer le pays.

En 994, les Danois envahirent l’Angleterre et les dirigeants ne reconquirent jamais vraiment leur autorité perdue. En 1066, le duc William de Normandie contesta la succession royale d’Angleterre et amena une armée pour appuyer sa prétention. La victoire des Normands à la bataille de Hastings amena une issue finale au pouvoir anglo-saxon. Cependant, malgré ce changement de direction, la culture du menu peuple, en Angleterre, fut une culture anglo-saxonne.

Pendant ce temps, la famille FOLAR se trouvait à Norfolk. Ce vieux patronyme fut d’abord retrouvé dans les comtés anglais de Norfolk, Witshire, et Somerset. La première référence retrouvée fut de Richard et Roger Fowler en l’an 1218 dans le comté de Norfolk, mais avant la fin du siècle ils s’étaient ramifiés à l’ouest vers Wiltshire et Somerset. John et William Fowler furent tous les deux mentionnés vers les années 1270 dans ces comtés. La famille se répandit aussi au nord, en Écosse, au 14e siècle où Gilbert Fouler fut le shérif d’Edinburgh en 1358, et Andrew Fowlar fut bourgeois de Dundee en 1451. Ils s’établirent aussi à Glasgow, et Robert Fouler de Meikle Allan accepta le « Test » à Rosshire en 1685. Le patronyme prospéra dans le sud et le sud-ouest ainsi qu’en Écosse. Des membres distingués de la famille comprennent les Fowler de Norfolk.

FALARDEAU n’est-il pas une variante du patronyme FOLAR dans une ancienne province du sud-ouest de la France auquel on aurait ajouté le suffixe « eau » pour l’ouest (pays d’oïl) ? Celle-ci était autrefois le pays des Santons, ce peuple de la Gaule celtique, dont le territoire s’étendait de la Sèvre niortaise à la Garonne. Et la ville de Saintes, la capitale, s’appelait Mediolanum Santonum.

À cette époque, la Saintonge fut la proie de plusieurs invasions. Elle fut pillée par les Alains et les Vandales. Les Wisigoths l’occupèrent en 419, de même que Clovis en 507. Elle fut ensuite incorporée à l’Aquitaine, puis on la morcela en de nombreux fiefs. En 1152, Aliénor d’Aquitaine, par son mariage, la fit passer à l’Angleterre. Mais elle fut reconquise par Jean Sans Terre au début du XIIIe siècle. En 1371, Bertrand du Guesclin en fit la conquête définitive. Finalement, en 1375, Charles V la réunit à la couronne de France.

À la fin du XVIIIe siècle, la Saintonge fut jointe à l’Aunis pour former la Charente-Maritime.

Note : Au cours des recherches, on trouva plusieurs blasons selon les différentes branches du patronyme. Le plus ancien blason trouvé fut : sur un fond bleu, trois croix noires réparties sur un chevron doré entre trois lions dorés. Le cimier était : un hibou. L’ancienne devise familiale pour ce patronyme était : « Sapiens qui vigilat ».

Bibliographie :

La maison des noms

Revue L’Ancêtre, Société de généalogie de Québec

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