(Ce texte de François Falardeau (recherches par Georges Falardeau) a été originalement publié dans le Bulletin mensuel de l’Amicale généalogique Falardeau, volume 1, no 9, octobre 2008.) 

Nous entreprenons dans ce numéro une série d’articles visant à identifier les différents lieux où a vécu notre premier ancêtre, Guillaume Follardeau ou Falardeau, l’ancêtre des Falardeau d’Amérique. Les recherches ont été effectuées par Georges Falardeau.  

Précisons d’abord que ses recherches se sont basées surtout sur des documents notariés présentés par divers intervenants qui ont fait des recherches, dont Gérard Lebel, C.Ss.R. (rédemptoriste), Michel Langlois, généalogiste, et Gilles Falardeau, qui est l’auteur d’un article dans le bulletin de la Société de généalogie de Québec, publié en janvier 1986.  

La première difficulté est de se retrouver dans toutes les façons d’identifier les endroits mentionnés par les différents intervenants. Aussi, nous devons faire face à tous les changements de nom d’endroit au fil des ans. Pour débuter, il est important d’avoir une vue globale des différentes seigneuries de l’époque. La carte de la page 1, datée de l’année 1702, va nous aider à situer ce dont il est question dans les différents documents.

Carte des premières seigneuries de la région de Québec (1702). 

La première seigneurie est celle de Beauport. À l’est, elle est bornée par la rivière Montmorency, à l’ouest par la rivière de Beauport, au sud par le fleuve Saint-Laurent et au nord par les montagnes. Par la suite, comme l’indiquent les cartes suivantes, la limite ouest a été augmentée en récupérant une partie de la seigneurie Notre-Dame-des-Anges. La seigneurie de Beauport est divisée en concessions à partir du fleuve Saint-Laurent en allant vers le nord. Nous retrouvons le bourg du Fargy (Giffard), la ville de Beauport, la concession Saint-Joseph, Saint-Michel, Sainte-Thérèse, Saint-Ignace, Sainte-Marie, Saint-Louis et Saint-André. Il faut mentionner que les parties habitées étaient le bourg du Fargy, la ville de Beauport, Saint-Joseph à partir de 1667, Saint-Michel à partir de 1668 et Sainte-Thérèse vers 1720.   

L’histoire de Beauport remonte à plus de 350 ans. En effet, c’est en 1634 que Robert Giffard obtient en concession l’un des premiers fiefs de la Nouvelle-France : la seigneurie de Beauport. Les premiers colons s’établissent petit à petit en bordure du chemin du Roy et forment le « Bourg du Fargy », petite colonie de quelque 400 âmes située à proximité du manoir seigneurial de Giffard. En 1722, la communauté accède au statut de village et prend le nom de Beauport. Source : arrondissement de la ville de Québec.  

La carte ci-dessous ne montre pas la partie sud, soit le chemin du Roy, ni la partie est de Beauport, faute d’espace, ceci pour mieux couvrir la partie qui est en relation avec notre ancêtre. Vous remarquerez que dans la partie basse, les terrains étaient orientés vers la droite tandis que dans la partie haute, ils étaient à la verticale, à la suite d’une méprise concernant la situation du nord.

Carte de Beauport en 1873.
Source : Étienne Blouin.

Il est bon de mentionner que la rue Seigneuriale portait auparavant le nom de rue Saint-Michel, parce que cette rue servait de desserte, ou « montée », pour les rangs Saint-Joseph, Saint-Michel et Sainte-Thérèse. Cette rue a été développée parce que les terres du premier rang étaient entièrement concédées et que Joseph Giffard, deuxième seigneur de Beauport, était tenu de faire du développement. Toutes ces informations seront nécessaires afin de mieux comprendre les déplacements de notre ancêtre Guillaume Falardeau et de son beau-père Jean Bergevin dit Langevin. 

Cette carte complète la précédente. Nous voyons clairement la ligne seigneuriale en bleu à gauche, ainsi que la limite est de Beauport, soit la rivière Montmorency. La commune de Bourg-Royal est le début de la seigneurie de Notre-Dame-des-Anges. La route que nous voyons dans le bas, qui traverse Beauport d’ouest en est, est le chemin du Roy, qui s’appelle aujourd’hui avenue Royale.

Seigneuries de Beauport et Notre-Dame-des-Anges.
Source : Atlas des assureurs, 1874. 

Avant de débuter les recherches concernant les déplacements de l’ancêtre Guillaume Falardeau, il était nécessaire de colliger les informations connues des différentes personnes qui ont déjà fait des recherches sur le sujet. Voici un résumé des transactions mentionnées par un ou plus des auteurs précités :  

  • 9 décembre 1693, greffe du notaire Jean Robert Duprac : concession à Guillaume d’une terre de trois arpents par 25 au village Saint-Ignace de Beauport, au bout, derrière et à côté de René Siret dit Lafleur (Anne Fayet était son épouse);
  • 13 janvier 1694, greffe du notaire Louis Chambalon : contrat de mariage de Guillaume avec Marie Ambroise Bergevin, contenant divers avantages concédés par Jean Bergevin, père de Marie Ambroise, et son épouse;
  • 20 janvier 1698, greffe du notaire Jean Robert Duprac : quittance de Guillaume à son beau-père Jean Bergevin. Témoins : Jean Chevalier et Jean Turgeon;
  • 19 décembre 1699, greffe du notaire Jean Robert Duprac : concession d’une terre par les Jésuites en la seconde route Saint-Claude, seigneurie Notre-Dame-des-Anges. Terre de deux arpents de front joignant d’un côté celle de Joseph Brosseau, de l’autre celle de Nicolas Durand; sur la profondeur, cette concession touchait à la ligne qui sépare la seigneurie Notre-Dame-des-Anges de celle du comté d’Orsainville;
  • 10 avril 1714, greffe du notaire Jean Robert Duprac : 15 ans plus tard, les Jésuites offrent à Guillaume, habitant demeurant à Saint-Antoine, seigneurie Saint-Gabriel, ses titres officiels de concessionnaire au sujet d’une terre de quatre arpents par six qu’il avait reçue verbalement depuis plusieurs années. Voisins : François Langevin et Jean Bernard. Les Jésuites concèdent à Guillaume trois autres arpents de terre contigus à la sienne;
  • 23 janvier 1724, greffe du notaire Dubreuil : Guillaume augmente la superficie de son habitation en achetant de Jean Baptiste Lauzet le huitième qui lui revient par son épouse de la terre de feu Jean Bernand Renaud;
  • 27 juillet 1725, greffe du notaire Dubreuil : Marie Madeleine Renaud, héritière de feu Jean Bernard Renaud, vend à Guillaume sa part de la terre de deux perches de front par 20 arpents de profondeur;
  • 30 novembre 1726 : décès de Guillaume.  

Ces informations générales présentées par Georges Falardeau mettent la table pour des explications plus détaillées sur les endroits où a vécu notre ancêtre. Nous y reviendrons plus en détail dans les prochains mois, pour situer avec le plus de précision possible les endroits où a vécu Guillaume.

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