(Ce texte de François Falardeau a été originalement publié dans le Bulletin mensuel de l’Amicale généalogique Falardeau, volume 1, no 8, septembre 2008.) 

Le 13 juillet dernier [2008], j’ai acheminé à tous les membres de l’Amicale la lettre reçue du maire de Bignay, monsieur Joël Touzet. Comme je le disais dans mon courriel, cette lettre m’a été transmise par la présidente québécoise du jumelage Saint-Sulpice-Saint-Jean-d’Angély, madame Pierrette Girard. La lettre a traversé l’océan dans un baril acheminé par voilier dans le cadre des célébrations du 400e anniversaire de Québec.

Lettre de monsieur Joël Touzet,
maire de Bignay

En plus de la branche à laquelle monsieur le maire fait allusion dans sa lettre, il y avait également une bouteille d’eau provenant d’une source de Bignay, un stylo et un autocollant des armoiries de la ville. Je conserve le tout précieusement, étant identifié par monsieur Touzet comme « ambassadeur » en raison de ma visite à Bignay l’an dernier. Je vous mentionne également qu’une enveloppe était adressée à la famille Blain, qui descend de l’ancêtre François Blain Habelin, de Bignay. J’ai pu la remettre le 21 août dernier à madame Diane Blain, qui est membre de la Société généalogique canadienne-française. Madame Blain est en train de mettre en place un site internet pour les familles descendant de l’ancêtre François Blain. Si jamais un voyage s’organisait vers Bignay, madame Blain a manifesté son intérêt à s’y joindre.  

Je profite de l’occasion pour vous parler de cet endroit d’où vient notre ancêtre et vous présenter des photos de Bignay. Certaines de celles-ci ont été prises par mon compagnon de voyage, Alain Blaise. D’autres proviennent de monsieur Pierre Leïby, un Français qui a longtemps vécu au Québec et y est revenu récemment après un premier retour en France, et que le maire de Bignay nous a présenté. Quant aux informations, elles viennent généralement du maire Joël Touzet ou d’un document qui constitue une ébauche de l’histoire de Bignay qu’il nous a remis lors de notre visite. D’après le maire, Bignay existe depuis l’époque romaine. Elle était en effet au carrefour de deux grandes voies romaines, celle menant de Bordeaux à Angers et celle menant de Limoges à la côte atlantique. Lors de fouilles récentes, on a d’ailleurs trouvé, à 1,50 m dans le sol et même parfois presque en surface, des parties d’un ancien aqueduc romain.

Partie d’une conduite d’eau très ancienne.
Photo: Pierre Leïby.

La source d’où on puisait l’eau se trouvait probablement sur ce qui devint plus tard la résidence des seigneurs de Bignay. On a également découvert un refuge datant de l’époque romaine et enseveli entre le 10e et le 13e siècle d’après les fragments trouvés dans le remblai, ainsi que des sarcophages. Enfin, devant l’église, dans le cimetière, on aperçoit l’entrée d’un très ancien et très grand garde-manger en pierres, datant de l’époque romaine, il y a environ 2000 ans. Contrairement à beaucoup d’autres ailleurs en France, cette construction souterraine en pierre a été conservée. Le garde-manger fut utilisé par les salariés lors de la construction de la seconde église puis conservé, probablement à cause de la proximité de l’église.

François Falardeau, Pierre Leïby et Joël Touzet près de l’entrée de l’ancien garde-manger.
Photo : Alain Blaise.

Jusqu’au 17e siècle, Bignay « était tenu du seigneur de Taillebourg au devoir d’une florence d’or appréciée trente sols ». Au début du 17e siècle, Joachim de Chaumont, seigneur de Bignay, entame des démarches pour la création d’une seigneurie autonome. Son fils Aimery, puis sa petite-fille Éléonore de Chaumont, épouse de Jacques Le Coigneux, poursuivent les démarches en ce sens. C’est finalement le fils d’Éléonore, Gabriel Le Coigneux qui, en 1666, deviendra le premier seigneur autonome de Bignay. Il offre alors une cloche pour l’église de Bignay sur laquelle on retrouve les mots :

GABRIEL LE COIGNEUX MARQUIS DE BELLARBRE SEIG DE BIGNAY ET POUR SATISFAIRE A LA DERNIERE VOLONTE DE TRES ILLUSTRE ET TRES PIEUSE LEONOR DE CHAUMONT SA MERE M A FAICT FAIRE L AN 1666 

La cloche avec l’inscription.
Photo : Alain Blaise.

Le château existe encore aujourd’hui; il est en bon état.

Château des seigneurs de Bignay.
Photo : Alain Blaise.

L’église actuelle, identifiée aujourd’hui comme église priorale de la Transfiguration, existe depuis la fin du 15e siècle. Elle a remplacé celle qui fut incendiée vers 1421. Cette église, comme la suivante au début, était consacrée au saint Sauveur. Au 12e siècle, un prieuré était attenant à l’église. On en voit une partie des assises dans le cimetière actuel. Au 17e siècle et au début du 18e, les curés de Bignay signaient d’ailleurs « prieur, curé de Bignay », ce qui démontre que le prieuré existait au moins jusqu’à cette époque. Les bureaux de la mairie sont maintenant attenants à l’église.

Vue de l’église et du cimetière.
Photo : Alain Blaise.

L’autel et la chaire ont été restaurés récemment.

Chaire de l’église de Bignay.
Photo : Alain Blaise.

Autel de l’église de Bignay.
Photo : Alain Blaise.

La tradition verbale veut qu’il y ait à Bignay de nombreux souterrains. Enfin, pour attirer les touristes, on a reproduit un village « gallo-romain » avec des huttes et un temple.

Le maire de Bignay, Joël Touzet, et François Falardeau discutant devant un sarcophage retrouvé lors de fouilles récentes à Bignay.
Photo : Alain Blaise.

Partie du « village gallo-romain ».
Photo : Pierre Leïby.

Si ça vous donne des idées de voyage, parlez-m’en, qui sait si nous ne pourrions pas nous y retrouver ensemble un de ces jours ?

 

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